(Thérèse CLERC)





Elle est féministe, tendance "anar". Avec d'autres, elle a mené des combats qui ont fait avancer la cause des femmes.....et elle continue.....


Lorsqu'elle a été "nominée" une première fois, elle a dit non. Pour elle, les décorations, c'est pure vanité. Six ans après, la "vieille dame indigne" de Montreuil a dit oui. Pour elle, la postérité des femmes ne doit pas être consignée uniquement dans "des chansons et des recettes de cuisine".

C'est Simone Veil et Michèle Perrot  qui lui remettront la Légion d'Honneur, aujourd'hui.


Thérèse CLERC est née en 1928 à Bagnolet (Seine Saint-Denis). Elle se marie à l'âge de 20 ans, est femme au foyer, mère de 4 enfants. Elle est chrétienne, mais s'interroge déjà beaucoup sur le poids de la misogynie des religions monothéistes. Elle mène une vie bourgeoise, sans histoire. Elle fréquente les cercles d'action catholique animés par des prêtres-ouvriers. "Ils nous parlaient beaucoup de l'exploitation des hommes, faisaient l'apologie de Marx. Mais quand je leur disais : "et les femmes ?" ils répondaient : "la femme est la gardienne de la paix, de l'amour". J'ai compris que l'Eglise était en train de nous b****r". Lorsqu'elle se confessait, le curé lui rappelait "qu'il fallait qu'elle soit soumise".....

Et puis, il y a Mai 68. Pour elle, c'est une seconde naissance. Elle divorce, devient vendeuse dans un grand magasin, connaît la libération sexuelle, mais aussi ses revers, les avortements clandestins.

Il faut se rappeler qu'à cette époque, l'interruption de grossesse est la première cause de mortalité chez les femmes de 18 à 50 ans..... Elle devient un pilier du MLAC (Mouvement de Libération de l'Avortement et de la Contraception).

La seconde partie de sa vie sera entièrement consacrée aux femmes.
 
Elle est 14 fois grand-mère, 1 fois arrière grand-mère, écolo de longue date et pour elle,
le féminisme est avant tout une manière de vivre, solidaire et autonome.

Elle concrétise ses conceptions en créant dans un premier temps la Maison des Femmes de Montreuil et travaille depuis des années sur un projet de réalisation de la Maison des Babayagas, du nom des sorcières des légendes russes, une maison de retraite pour femmes, autogérée et écolo.

Solidarité et autonomie, tel est son credo : "en 2020, nous serons 17 millions de plus de 65 ans.... Le gouvernement ne pourra pas tout gérer, il faut se débrouiller seules".....




 

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